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  • Photo du rédacteurCabinet Gauchet Art Asiatique

Les Estampes Japonaises : une tradition intemporelle.

Dernière mise à jour : 17 janv.

Les estampes japonaises, connues sous le nom d’Ukiyo-e, passionnent les amateurs d’art asiatiques depuis des siècles. Ces estampes, issues de la période Edo (1600 - 1869) possèdent une histoire complexe directement liée aux évolutions culturelles et artistiques du Japon. À travers cet article, le cabinet vous propose de découvrir l’histoire passionnante de ces œuvres très appréciées sur le marché de l’art actuel. 


Crédits photo : Bibliothèque nationale de France (Bnf).

L’estampe : une technique traditionnelle


Résultats du processus de gravure, l’estampe apparaît dès le XIIIe siècle en Chine sous la dynastie des Tang (794-118) et se diffuse au fur et à mesure en Corée, au Vietnam et finalement au Japon. Dans un premier temps utilisée dans l’art bouddhique à des fins d’instruction religieuses (contes illustrés, livres d’ouvrages illustrés…) elle est finalement tirée sur feuille volante et connaît une popularité importante à partir de la période Edo (1600 - 1869)


Ce processus se divise en quatre étapes : 


  • Le dessin : Réalisé par l’artiste au pinceau et à l’encre de chine, puis à partir du XXe siècle à l’aquarelle, il montre le motif pensé par ce dernier ainsi que toutes les indications de couleurs. 


  • La gravure sur bois : Un support en bois est sculpté en fonction du dessin et des indications de couleurs transmises par l’artiste. Un support différent est réalisé pour chaque couleurs utilisées, on compte en moyenne 20 supports différents pour réaliser une estampe. 


Bois de trait d’un portrait de jeune femme en plan rapproché. Crédits photo : Bibliothèque nationale de France (Bnf)

  • L’impression : Elle est réalisée sur une feuille de papier dit “washi” placée sur l’une des plaques de bois gravées. Cette étape respecte des règles d'alignement strict le hento et est possible grâce à des repères qui permettent de reporter le motif de manière précise sur chaque bloc. C’est lors de cette étape que la pose des couleurs est effectuée. 


  • L’édition : diffusion de l’estampe en un ou plusieurs exemplaires par l’éditeur.


Évolution de l’estampe : l’importance de la période Edo. 


La période Edo (1603-1868) a été le berceau de cette forme d'art qui a captivé le monde avec sa beauté, sa sophistication technique et son impact culturel significatif. La prospérité économique et la stabilité politique de cette période ont encouragé la croissance d'une classe marchande aisée, créant une demande pour ces estampes auprès d'un public plus large. Les estampes étaient abordables et accessibles, contribuant ainsi à leur popularité croissante. De plus, l'émergence d'une société urbaine dynamique à Edo (l'actuelle Tokyo) a offert aux artistes un riche vivier de sujets à explorer, de la vie quotidienne aux paysages urbains, nourrissant ainsi la diversité des thèmes représentés dans l'estampe.


Entre tradition et modernité : les mouvements Shin-Hanga et Sosaku-Hanga. 


Comme expliqué précédemment, la création des estampes repose sur un processus technique rigoureux, organisé entre quatre corps de métiers bien distincts : dessinateur, graveur, imprimeur et éditeur. Cependant, cette division fut remise en cause au XXe siècle avec l’apparition d'un conflit artistique significatif entre deux mouvements majeurs dans le monde de l'estampe : le Shin-Hanga et le Sosaku-Hanga. 


Hasui Kawase (1883-1957). "Le Temple-pagode de Saishoin sous la neige, Hirosaki", issue de la série "Sélection de vues du Japon (Nihon fûkei shû higashi Nihon hen)" 1936. Nishiki-e, encre et couleurs sur papier, format oban vertical. Vendu par la maison de vente Millon et expertisé par le cabinet Gauchet pour 5,100 euros. Crédits photo : Yann Girault, Millon.

Le mouvement Shin-Hanga était une réaction au déclin de l'estampe traditionnelle japonaise, connue sous le nom d'ukiyo-e, qui avait atteint son apogée pendant l'époque d'Edo (1603-1868). Les artistes Shin-Hanga aspirent à raviver cet art classique en intégrant des techniques occidentales modernes tout en conservant les thèmes traditionnels japonais tels que les paysages, les portraits d'acteurs et de belles femmes (bijin-ga). Cette approche impliquait souvent une division du travail entre l'artiste, l'artisan graveur et l'imprimeur. D'autre part, le mouvement Sosaku-Hanga, émergeant au début du XXe siècle,

adoptait une philosophie radicalement différente. 


Passage d’un gué au clair de lune. Crédits photo : Bibliothèque nationale de France (Bnf).

Les artistes Sosaku-Hanga prônent une approche plus individuelle et artistiquement autonome de la création artistique. Contrairement au Shin-Hanga, les artistes Sosaku-Hanga assumaient toutes les étapes de la production de l'estampe, de la conception à la réalisation finale, refusant ainsi la division traditionnelle du travail.


Ce conflit a perduré pendant une grande partie du XXe siècle, chacun des mouvements défendant avec passion sa vision de l'art de l'estampe japonaise. Cependant, malgré leurs différences, ces mouvements ont tous deux joué un rôle essentiel dans la préservation et le renouveau de l'estampe japonaise, contribuant ainsi de manière significative à l'histoire de l'art du Japon moderne.


Artistes majeurs et influences


  • Hokusai (1760-1849)

Katsushika Hokusai demeure l'une des figures les plus emblématiques de l'estampe japonaise. Son œuvre la plus célèbre, "Les Trente-Six Vues du mont Fuji", incluant la fameuse "Grande Vague de Kanagawa", a immortalisé des paysages emblématiques du Japon et a laissé une empreinte indélébile dans l'art mondial. Son style innovant, sa maîtrise de la composition et sa représentation magistrale des éléments naturels ont influencé de nombreux artistes à travers les siècles.


Autoportrait, Musée national des arts asiatiques - Guimet. Crédits photo : Musée Guimet.


  • Hiroshige (1797-1858)

Utagawa Hiroshige, également connu sous le nom Ando Hiroshige, est reconnu pour sa série "Cent Vues Célèbres d'Edo" qui capture la vie urbaine et les paysages de l'ère Edo avec une poésie visuelle inégalée. Ses estampes de paysages offrent une perspective intime et émotionnelle des régions japonaises, capturant la beauté sereine et l'harmonie entre l'homme et la nature.


"La province de Kozuke : Mont Haruna sous la neige" (Kôzuke, Harunasan setchû), issue de la série " Vues des sites célèbres des soixante et quelques provinces [du Japon]" ([Dai Nihon] Rokujûyoshû meisho zue). Signée Hiroshige Hitsu. 1853 Nishiki-e, encre et couleurs sur papier, format oban horizontal. Vendu par la maison de vente Millon et expertisé par le cabinet Gauchet pour 850 euros. Crédits photo : Yann Girault, Millon.

  • Utamaro (1753-1806)

Kitagawa Utamaro est renommé pour ses portraits exquis d'actrices, de courtisanes et de belles femmes. Ses estampes élégantes et détaillées, souvent représentant des femmes dans des scènes de la vie quotidienne, ont captivé le public de l'époque par leur grâce et leur raffinement. Ses œuvres ont été saluées pour leur maîtrise des expressions et des détails subtils.


« Keisei geisha hana awase » issue de la série « Geisha et Beautés comparées à des fleurs » Nishiki-e, encre et couleurs sur papier, format oban vertical, encadrée sous verre. Vendu par la maison de vente Millon et expertisé par le cabinet Gauchet pour 200 euros. Crédits photo : Yann Girault, Millon.

  • Sharaku (actif vers 1794-1795)

Toshusai Sharaku reste l'un des artistes les plus mystérieux de l'estampe japonaise. Actif pendant une période très courte, environ un an, ses portraits d'acteurs kabuki ont un style saisissant et expressif, capturant les personnages avec une intensité dramatique unique. Malgré sa brève carrière, Sharaku a laissé un héritage artistique intrigant et énigmatique.

L'estampe a laissé un héritage durable dans le monde de l'art. Ces estampes ont non seulement influencé la culture japonaise, mais ont également eu un impact significatif sur l'art occidental. Au XIXe siècle, l'Europe a été saisie par la fascination pour le Japon, un mouvement artistique appelé Japonisme, où des artistes comme Claude Monet et Toulouse-Lautrec  ont été profondément influencés par l'esthétique de l'estampe.


"Umégawa et Chubei" Retirages du XXe siècle Nishiki-e, encre et couleurs sur papier. Vendu par la maison de vente Millon et expertisé parle cabinet Gauchet pour 120 euros. Crédit photo : Yann Girault, Millon.


Le marché de l'art des estampes japonaises a connu une augmentation significative de l'intérêt ces dernières années, avec une demande croissante pour ces œuvres emblématiques. Les estampes d'artistes renommés tels que Hokusai et Hiroshige ont suscité un vif intérêt parmi les collectionneurs et les amateurs d'art du monde entier. Les œuvres emblématiques comme "La Grande Vague de Kanagawa" de Hokusai ont atteint des prix record aux enchères avec un prix d’adjudication dépassant les 2 000 000 $ chez Christie’s New York en 2023, montrant l'engouement pour ces estampes historiques. 


La Grande Vague de Kanagawa, Hokusai. Vente Christie's New York 2023. Crédits photo : Christie's

Les tirages de qualité et en bon état de ces œuvres rares se vendent à des prix très élevés sur le marché. De même, les estampes de paysages et les séries célèbres comme "Cent Vues Célèbres d'Edo" d'Hiroshige continuent d'être très prisées, attirant l'attention des collectionneurs en raison de leur beauté intemporelle et de leur importance historique.


Expertise de Jean Gauchet et le cabinet Gauchet Art Asiatique 



"Lorsqu'il s'agit d'évaluer, d'estimer et de vendre des estampes japonaises, l'expertise de qualité est essentielle" souligne notre expert Jean Gauchet. Le cabinet Gauchet Art Asiatique, dirigé par l'expert Jean Gauchet, se distingue par sa précision et son savoir-faire inégalé dans ce domaine. Leur expérience en tant qu'experts et commissaires-priseurs garantit que chaque pièce est évaluée avec la plus grande précision, assurant ainsi le meilleur prix de vente aux enchères.





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