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Xu Beihong (1948) : le cheval à l’encre, entre Chine et Occident

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    Cabinet Gauchet Art Asiatique
  • il y a 4 jours
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Xu Beihong (1895-1953), Cheval, 1948. Encre sur papier signée et datée, provenant d’une collection particulière française. Une œuvre emblématique de l’un des artistes les plus recherchés du marché de l’art moderne chinois.
Xu Beihong (1895-1953), Cheval, 1948. Encre sur papier signée et datée, provenant d’une collection particulière française. Une œuvre emblématique de l’un des artistes les plus recherchés du marché de l’art moderne chinois.

Dans la peinture chinoise du XXe siècle, peu d’images sont aussi immédiatement reconnaissables que le cheval de Xu Beihong. À la fois étude savante et emblème moral, l’animal concentre une énergie qui dépasse le simple motif : il devient l’allégorie d’une volonté, d’une endurance, parfois d’une nation en quête de renouveau. Datée de 1948, cette encre sur papier s’inscrit dans une période charnière, au seuil d’un bouleversement historique en Chine, lorsque les artistes interrogent leur héritage tout en dialoguant avec la modernité. Présentée à la vente Art d’Asie de Millon Paris le 11 juin 2026, cette œuvre illustre parfaitement la maîtrise atteinte par l’artiste à la fin de sa carrière.


Ce qui fascine ici est la rencontre entre deux mondes : le geste de l’encre hérité de la tradition lettrée et la rigueur du dessin d’observation acquise au contact de l’enseignement occidental. Chez Xu Beihong, l’un ne contredit pas l’autre ; ils s’accordent pour faire naître une présence presque palpable. C’est précisément ce type de convergence que le cabinet Gauchet Art Asiatique met en lumière à travers ses travaux d’expertise, d’authentification et d’étude des œuvres d’art asiatique, en replaçant chaque pièce dans son contexte historique, technique et de collection.


Xu Beihong (1895-1953), maître de la peinture chinoise moderne. Gauchet Art Asiatique accompagne l’expertise, l’authentification et l’estimation des œuvres de cet artiste majeur du XXe siècle.
Xu Beihong (1895-1953), maître de la peinture chinoise moderne. Gauchet Art Asiatique accompagne l’expertise, l’authentification et l’estimation des œuvres de cet artiste majeur du XXe siècle.

Xu Beihong (1895-1953) occupe une place centrale dans l’histoire de la peinture chinoise moderne. Formé dès son plus jeune âge à la calligraphie et à la peinture par son père, il poursuit ensuite son apprentissage en Europe, notamment à Paris, où il découvre l’enseignement académique, l’étude anatomique et le dessin d’après nature. Cette expérience occidentale marque profondément son approche artistique.

De retour en Chine, il défend une vision novatrice : renouveler la peinture traditionnelle chinoise sans l’abandonner, en l’enrichissant des acquis du réalisme occidental. Le cheval devient alors l’un de ses sujets de prédilection. Il lui permet de concilier mouvement, puissance structurelle et expressivité du pinceau. Dans la culture chinoise, le cheval est depuis longtemps associé à la force, à la loyauté, à la réussite et à l’élan vital. Sous le pinceau de Xu Beihong, il devient également le symbole d’une Chine moderne tournée vers l’avenir.


Cette œuvre est une encre sur papier signée, cachetée et datée. L’inscription « 卅七年秋日。悲鴻寫 » peut être traduite par : « En un jour d’automne de la trente-septième année [1948], peint par Beihong ». Comme souvent dans la peinture chinoise, l’écriture, le sceau et l’image constituent un ensemble indissociable. La calligraphie participe pleinement à la composition et contribue à l’authentification de l’œuvre.


La maîtrise du pinceau apparaît pleinement dans ce détail de la tête et de la crinière, où l'artiste conjugue spontanéité du geste et précision de l'observation.
La maîtrise du pinceau apparaît pleinement dans ce détail de la tête et de la crinière, où l'artiste conjugue spontanéité du geste et précision de l'observation.

Le cheval est représenté debout, le corps légèrement de biais et la tête tournée, comme surpris dans l’instant. La crinière et la queue, exécutées par des coups de brosse rapides et nerveux, suggèrent un mouvement intérieur et une énergie retenue. L’anatomie révèle toute la maîtrise de l’artiste : l’encolure, le poitrail, les épaules et les articulations sont construites avec une remarquable économie de moyens. Par un subtil jeu de lavis, de réserves et de traits plus soutenus, Xu Beihong parvient à suggérer le volume sans jamais alourdir la composition.

Le fond volontairement laissé vierge participe pleinement à l’équilibre de l’ensemble. Dans l’esthétique chinoise, le vide est aussi important que le plein ; il crée une respiration qui amplifie la présence du sujet. Présentée sous verre et mesurant 76 x 42 cm à vue, la feuille montre de légères ondulations du papier ainsi que quelques discrètes marques d’usage, cohérentes avec son ancienneté et sa nature même d’œuvre sur papier.

Cette encre se distingue d’abord par sa date d’exécution. Réalisée en 1948, elle appartient à une période où Xu Beihong maîtrise pleinement la synthèse entre tradition chinoise et influence occidentale. On y retrouve à la fois la compréhension anatomique héritée de son séjour européen et la spontanéité du pinceau propre à la peinture à l’encre. Cette alliance constitue l’une des contributions majeures de l’artiste à la modernité chinoise.


L’œuvre bénéficie également d’une provenance particulièrement intéressante. Conservée durant plusieurs décennies au sein d’une même famille française, elle aurait été acquise directement auprès de l’artiste à Shanghai à la fin des années 1940 dans un contexte diplomatique, avant de demeurer dans la descendance familiale puis d’être offerte à l’occasion d’un mariage en 1980. Ce parcours de collection apporte une dimension historique supplémentaire à la lecture de l’œuvre et constitue un élément important dans l’appréciation de son intérêt patrimonial.


Xu Beihong (1895-1953), cheval au galop. Œuvre vendue chez Christie's Hong Kong, illustrant l'attrait durable des représentations équines de l'artiste auprès des collectionneurs internationaux.
Xu Beihong (1895-1953), cheval au galop. Œuvre vendue chez Christie's Hong Kong, illustrant l'attrait durable des représentations équines de l'artiste auprès des collectionneurs internationaux.

Le marché de Xu Beihong figure aujourd’hui parmi les plus solides et les plus internationaux de l’art moderne chinois. Ses chevaux, devenus l’emblème de son œuvre, comptent parmi les images les plus recherchées par les collectionneurs asiatiques et occidentaux. Les compositions majeures ont régulièrement atteint plusieurs millions d’euros en vente publique, certaines dépassant largement les dix millions d’euros lors de ventes organisées à Pékin, Hong Kong ou Shanghai. Cette reconnaissance s’explique autant par l’importance historique de l’artiste que par la force iconique de son langage pictural.


Les œuvres sur papier de dimensions plus modestes présentent naturellement des niveaux de valeur plus variés. Selon leur qualité d’exécution, leur format, leur date, leur état de conservation et leur provenance, les encres de Xu Beihong peuvent évoluer entre plusieurs dizaines de milliers et plusieurs centaines de milliers d’euros. Les œuvres datées des années 1940 suscitent un intérêt particulier auprès des collectionneurs, car elles correspondent à une période de pleine maturité artistique durant laquelle l’artiste maîtrise parfaitement la synthèse entre réalisme occidental et tradition chinoise.

Cette œuvre sera présentée lors de la vente Art d’Asie organisée par la maison de ventes aux enchères Millon à Paris le 11 juin 2026 sous le lot 258. Décrite comme une encre sur papier signée, cachetée et datée de 1948, elle est estimée entre 40 000 et 60 000 euros. Cette estimation reflète à la fois le format de l’œuvre, sa qualité d’exécution, sa provenance, son état de conservation et sa place dans la production de maturité de Xu Beihong. Les provenances anciennes et continues, de plus en plus recherchées sur le marché de l’art asiatique, constituent aujourd’hui un facteur déterminant dans l’appréciation et la valorisation de ce type d’œuvres.


Enfin, cette encre rappelle une vérité essentielle : chez Xu Beihong, le cheval n’est pas seulement un sujet. Il est la synthèse d’une pensée artistique nouvelle, conciliant la tradition picturale chinoise et l’observation du réel héritée de l’Occident. Chaque trait semble animé d’une tension intérieure qui confère à l’animal une présence presque vivante. Pour les amateurs éclairés comme pour les collectionneurs, l’intérêt de telles œuvres réside précisément dans cette capacité rare à unir virtuosité technique, portée symbolique et importance historique.


L’expertise d’une peinture de Xu Beihong nécessite une analyse approfondie de l’écriture picturale, de la calligraphie, des sceaux, de la datation, de la provenance et des comparaisons avec les œuvres documentées de l’artiste. Référence dans l’expertise des œuvres d’art asiatique, Gauchet Art Asiatique accompagne collectionneurs, successions, institutions et maisons de ventes aux enchères dans l’authentification, l’estimation et l’étude des peintures chinoises anciennes et modernes. Grâce à une approche fondée sur l’analyse stylistique, l’étude des provenances, la recherche documentaire et la comparaison avec les références muséales et les résultats de marché, Gauchet Art Asiatique contribue à replacer chaque œuvre dans son contexte historique et artistique afin d’en révéler toute la portée patrimoniale, culturelle et collectionnable.

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