Alix Aymé (1894-1989) : expertise, estimation et vente de ses peintures, dessins et laques
- Cabinet Gauchet Art Asiatique

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Une artiste majeure entre Paris, l’Indochine et la laque

Longtemps restée plus discrète que certains de ses contemporains de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine, Alix Aymé occupe aujourd’hui une place essentielle dans l’histoire de l’art vietnamien moderne. Peintre, dessinatrice et grande praticienne de la laque, elle a développé une œuvre profondément personnelle, à la croisée de la formation Nabi, de l’art sacré, de l’observation du Vietnam et de la redécouverte des techniques asiatiques.
Le marché l’a désormais clairement reconnue. Les œuvres les plus importantes d’Alix Aymé, notamment ses grands panneaux laqués, ses scènes vietnamiennes des années 1920 et 1930 et ses compositions à figures féminines, peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Les plus beaux exemples dépassent aujourd’hui largement les estimations initiales.
Gauchet Art Asiatique accompagne les collectionneurs, familles, antiquaires et maisons de vente dans l’expertise, l’authentification, l’estimation et la vente des œuvres d’Alix Aymé : huiles, laques, dessins, peintures sur soie, projets décoratifs et œuvres anciennes signées Alix de Fautereau.
Alix Aymé : de Paris à l’Indochine
Née à Paris en 1894 sous le nom d’Alix Hava, l’artiste reçoit une formation décisive auprès de Maurice Denis, figure majeure du mouvement Nabi et fondateur des Ateliers d’Art Sacré. Cette proximité explique durablement son goût pour les compositions structurées, les figures hiératiques, les aplats décoratifs et une certaine dimension spirituelle du portrait.
En 1920, elle accompagne son premier mari, Paul de Fautereau-Vassel, professeur de lettres, d’abord à Shanghai puis à Hanoi. Ces années asiatiques transforment profondément sa pratique. Elle découvre les cultures de Chine, du Vietnam, du Japon et de l’Asie du Sud-Est, voyage régulièrement et construit un langage pictural où l’héritage français dialogue avec les formes, les matériaux et les traditions décoratives d’Asie.
Elle enseigne au Lycée français de Hanoi entre 1925 et 1926. Après son mariage avec Georges Aymé, elle adopte le nom d’Alix Aymé en 1931. À partir de 1934, elle rejoint le corps enseignant de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine, aux côtés de Joseph Inguimberty. Son rôle dans l’enseignement et le renouveau de la laque est considérable.
Alix Aymé ne doit donc pas être seulement regardée comme une artiste française ayant peint en Asie. Elle fait pleinement partie de l’histoire de l’art moderne vietnamien et de l’évolution de la laque artistique au XXe siècle.
Une œuvre reconnaissable entre toutes

L’œuvre d’Alix Aymé se distingue par une grande cohérence visuelle. Ses compositions mêlent souvent une construction décorative très maîtrisée à une atmosphère silencieuse, presque méditative.
Ses sujets de prédilection sont nombreux : femmes vietnamiennes, enfants, scènes de marché, fleurs, paysages, ports, architectures, intérieurs et compositions inspirées de ses voyages. Ses figures féminines sont souvent traitées avec une gravité qui rappelle les madones de l’art sacré occidental, tout en étant profondément ancrées dans les réalités visuelles de l’Indochine.
La laque occupe une place centrale dans sa carrière. Par la superposition des couches, les fonds or, les craquelures, les jeux de matière et la subtilité des effets de surface, elle donne à ses œuvres une présence très particulière. Les panneaux laqués d’Alix Aymé constituent aujourd’hui l’un des segments les plus recherchés de son marché.
Les différentes signatures d’Alix Aymé
L’étude de la signature est importante, mais elle ne suffit jamais à elle seule pour authentifier une œuvre. Le support, la technique, la provenance, le style, la période d’exécution et la cohérence matérielle doivent toujours être analysés ensemble.
Avant 1931, l’artiste signe fréquemment :
Alix de Fautereau

Cette forme correspond à sa production antérieure à l’adoption de son nom d’artiste Alix Aymé. Les œuvres de cette période, notamment les huiles sur panneau et les portraits réalisés en Indochine dans les années 1920, sont particulièrement importantes pour comprendre l’émergence de son style.
Après 1931, elle utilise principalement :
Alix Aymé

On rencontre aussi, notamment sur certains panneaux décoratifs ou laques, des signatures en capitales de type :
ALIX AYME

L’absence d’accent dans une signature inscrite en capitales n’est pas nécessairement anormale. Elle doit toutefois être rapprochée des autres éléments de l’œuvre et comparée à des exemples documentés.
La cote d’Alix Aymé en 2026: repères de marché
Le marché d’Alix Aymé distingue très nettement les œuvres selon leur période, leur technique, leur sujet et leur provenance. Les peintures exécutées en Indochine avant 1931, souvent signées Alix de Fautereau, ainsi que les grands panneaux laqués à fond or, constituent aujourd’hui les catégories les plus recherchées.
Catégorie d’œuvre | Fourchette indicative | Éléments déterminants |
Dessins, études et œuvres sur papier | 1 000 € – 5 000 € | Qualité du dessin, fraîcheur, signature, encadrement et provenance |
Petites huiles ou panneaux décoratifs | 5 000 € – 15 000 € | Sujet, époque, état de conservation et dimensions |
Panneaux laqués de belle qualité | 15 000 € – 30 000 € | Technique, fonds or, composition, état de surface et signature |
Laques importantes à paysage, fleurs ou figures | 25 000 € – 50 000 € | Format, richesse décorative, qualité de la laque et provenance |
Huiles d’Indochine des années 1920-1930 | 40 000 € – 70 000 € | Sujet vietnamien, période Alix de Fautereau, provenance ancienne |
Œuvres majeures et compositions emblématiques | 70 000 € – 100 000 € et plus | Importance historique, provenance indochinoise, sujet rare, qualité muséale |
Les résultats connus illustrent cette hiérarchie : un Portrait de jeune garçon sur papier a atteint 3 000 €, Jeune fille à la fenêtre au Sacré-Cœur 15 000 €, La baie d’Amalfi 26 000 €, Market Scene in Hanoi 62 000 €, tandis que Jeune vietnamienne aux fleurs de lotus, œuvre majeure de la période Alix de Fautereau avec provenance ancienne à Saigon, a atteint 90 000 €.
L’écart entre une œuvre décorative secondaire et une composition majeure peut donc être considérable. Pour Alix Aymé, la période, la signature, la technique, la provenance et l’état de conservation restent déterminants dans toute expertise ou estimation.
Les dessins et études sur papier, même de petit format, peuvent déjà susciter une forte demande lorsqu’ils sont bien conservés et clairement attribués.
Les huiles anciennes exécutées en Indochine, surtout lorsqu’elles présentent une provenance solide, atteignent des niveaux significatifs.
Les laques de belle qualité, avec fonds or, compositions décoratives ambitieuses ou sujets rares, constituent le sommet du marché.
Les œuvres ayant une provenance ancienne en Indochine, une exposition historique ou un lien direct avec les réseaux artistiques de Hanoi et Saigon bénéficient d’un intérêt renforcé.
Les meilleures œuvres peuvent dépasser 50 000 €, tandis que les compositions majeures associant qualité, provenance et sujet emblématique peuvent atteindre ou franchir le seuil de 90 000 €.
Résultats remarquables pour Alix Aymé
Plusieurs œuvres récentes illustrent l’élévation de sa cote.
Jeune vietnamienne aux fleurs de lotus, vers 1925-1930
Cette importante huile sur panneau, signée Alix de Fautereau, représente une jeune Vietnamienne assise parmi des fleurs de lotus blanches. Son traitement monumental, sa palette raffinée et son fond doré témoignent de la dimension presque sacrée que l’artiste confère à ses figures.
L’œuvre provenait de l’ancienne collection d’Albert Portail, imprimeur et éditeur à Saigon, qui avait organisé une exposition d’Alix de Fautereau à la librairie Portail en 1928. Conservée dans la même famille, elle a été adjugée 90 000 €, pour une estimation de 70 000 à 90 000 €.
Ce résultat confirme l’importance des œuvres des années 1920-1930, réalisées avant ou autour du changement de nom de l’artiste.
Market Scene in Hanoi, vers 1930
Cette scène de marché animée, signée Alix de Fautereau, témoigne de la capacité de l’artiste à représenter la vie quotidienne vietnamienne avec une construction picturale très personnelle. Les figures, les couleurs franches et l’espace architectural composent une scène particulièrement vivante.
L’œuvre, issue d’une collection particulière lyonnaise et acquise par la famille Angenot à l’occasion de la Foire de Hanoi, probablement en 1938, a été vendue 62 000 €, au-dessus de son estimation de 40 000 à 60 000 €.
La baie d’Amalfi, vers 1960
Ce panneau en bois laqué polychrome de 50 × 70 cm illustre une autre facette de l’artiste : son goût pour les paysages méditerranéens, les fleurs, les architectures et les grands fonds décoratifs.
Signée en bas à droite, cette composition a été adjugée 26 000 €, pour une estimation comprise entre 15 000 et 20 000 €.
Le port de Sarajevo

Cette composition laquée représentant un port, des embarcations et une architecture monumentale sur fond or a été vendue 25 000 € en 2019.
Elle confirme l’intérêt du marché pour les paysages décoratifs d’Alix Aymé, particulièrement lorsqu’ils associent la technique de la laque à une vue architecturale ou maritime.
Jeune fille à la fenêtre au Sacré-Cœur

Ce panneau en bois laqué, signé en bas à droite, associe une figure féminine, un bouquet, un décor textile et une vue vers le Sacré-Cœur. L’œuvre a été adjugée 15 000 €, dans son estimation de 15 000 à 20 000 €.
Elle illustre l’élégance des compositions parisiennes de l’artiste et la place importante de ses œuvres décoratives réalisées hors d’Indochine.
Portrait de jeune garçon

Ce délicat dessin à l’encre, craie et mine de plomb sur papier, de petit format, a atteint 3 000 €, alors qu’il était estimé entre 600 et 800 €.
Ce résultat montre que le marché ne se limite pas aux grandes laques et huiles. Les études sur papier, lorsqu’elles conservent une grande fraîcheur et une attribution solide, peuvent également susciter une forte compétition.
Comment reconnaître une œuvre importante d’Alix Aymé ?
Plusieurs critères influencent fortement la valeur d’une œuvre :
La période
Les œuvres exécutées en Indochine entre les années 1920 et 1940 sont particulièrement recherchées. Les œuvres signées Alix de Fautereau, antérieures à 1931, sont rares et historiquement importantes.
La technique
Les grands panneaux en laque, les œuvres à fond or, les huiles sur panneau et les compositions décoratives ambitieuses sont les plus valorisés.
Le sujet
Les femmes vietnamiennes, les scènes de marché, les fleurs, les enfants, les paysages d’Indochine et les scènes religieuses ou intimistes constituent les sujets les plus recherchés.
La provenance
Une provenance familiale ancienne, une acquisition en Indochine, une exposition historique ou une transmission directe depuis les années 1920-1930 peut avoir un impact déterminant.
L’état de conservation
Pour les laques, l’état de surface est fondamental : usures, fentes, soulèvements, restaurations, reprises de vernis ou altérations des fonds or doivent être examinés avec précision.
Expertise et estimation d’une œuvre d’Alix Aymé
L’expertise d’une œuvre d’Alix Aymé demande une approche complète. La signature seule ne suffit pas. Il est essentiel d’examiner la qualité de la composition, la technique, les matériaux, la période stylistique, les comparaisons connues et la provenance.
Une estimation peut varier considérablement selon qu’il s’agit :
d’un dessin ou d’une étude préparatoire ;
d’une huile ancienne de la période indochinoise ;
d’un panneau laqué décoratif ;
d’une œuvre à sujet vietnamien ;
d’une composition majeure à fond or ;
d’une œuvre conservée dans la même famille depuis l’Indochine.
Gauchet Art Asiatique propose une expertise confidentielle et documentée des œuvres d’Alix Aymé, ainsi qu’un accompagnement pour leur estimation, leur inventaire, leur authentification, leur mise en vente et le choix de la stratégie la plus adaptée : vente aux enchères spécialisée, vente internationale ou transaction privée.
Vous possédez une œuvre d’Alix Aymé ou Alix de Fautereau ?
Une peinture, une laque, un dessin, une œuvre sur papier ou un panneau décoratif signé Alix Aymé ou Alix de Fautereau peut nécessiter une étude approfondie avant toute vente.
Pour une première estimation, il est utile de transmettre :
une photographie de face en bonne définition ;
des détails de la signature ;
des photographies du dos, des étiquettes et éventuels cachets ;
les dimensions exactes ;
toute information sur l’origine de l’œuvre, son acquisition ou sa transmission familiale.
Gauchet Art Asiatique accompagne les collectionneurs et les familles en France et à l’international pour l’expertise, l’estimation et la vente des œuvres d’Alix Aymé.
Alix Aymé est aujourd’hui reconnue comme l’une des artistes les plus singulières de l’art moderne lié à l’Indochine. Son œuvre rassemble une formation française exigeante, une connaissance intime de l’Asie, une maîtrise rare de la laque et une sensibilité décorative immédiatement reconnaissable.
Ses œuvres les plus fortes, en particulier les huiles anciennes d’Indochine et les panneaux laqués à fond or, occupent désormais une place importante sur le marché international. L’écart de valeur entre une œuvre secondaire et une œuvre majeure peut être considérable. Une expertise rigoureuse est donc indispensable avant toute succession, assurance ou mise en vente.



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