Tran Phuc Duyen (1923-1993) : « Dans la rizière », un chef-d'œuvre de la laque vietnamienne moderne
- Cabinet Gauchet Art Asiatique

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Un maître de l'École des Beaux-Arts de l'Indochine
Parmi les grands noms de l'art vietnamien du XXe siècle, Tran Phuc Duyen (1923-1993) occupe une place singulière. Formé à l'École des Beaux-Arts de l'Indochine à Hanoï, où il entre en 1942 avant d'obtenir son diplôme en 1946 avec une spécialisation en laque, il appartient à cette génération d'artistes qui transforma une technique artisanale traditionnelle en un médium majeur de la modernité asiatique.
Aux côtés de Nguyen Gia Tri, Le Quoc Loc, Pham Hau ou Nguyen Khang, il participe à l'émergence d'une véritable école vietnamienne de la laque. Son œuvre se distingue par une exceptionnelle maîtrise technique et une vision profondément poétique du paysage vietnamien.
L'œuvre présentée ici, Dans la rizière, appartient à la période la plus recherchée de sa carrière, réalisée avant son départ pour la France en 1954.
Dans la rizière : une vision intemporelle du Vietnam rural
Ce panneau en bois laqué polychrome de 50 x 29,5 cm représente deux paysannes travaillant dans une rizière inondée.
L'une tient dans ses bras une gerbe de riz fraîchement récoltée tandis que sa compagne se penche vers l'eau dans un geste quotidien. À l'arrière-plan apparaissent une maison traditionnelle vietnamienne et un arbre solitaire dont les silhouettes se reflètent dans la surface calme de la rizière.
La composition frappe immédiatement par son dépouillement. L'artiste réduit volontairement les éléments narratifs afin de concentrer l'attention sur l'atmosphère générale de la scène.
L'eau, le ciel et la terre semblent fusionner dans une même matière lumineuse. Les personnages deviennent presque secondaires face à l'immensité silencieuse du paysage.
Cette capacité à transformer une scène rurale ordinaire en image universelle constitue l'une des signatures les plus reconnaissables de Tran Phuc Duyen.
La révolution de la laque vietnamienne
L'École des Beaux-Arts de l'Indochine fut à l'origine d'une véritable révolution artistique.
Avant les années 1930, la laque était principalement utilisée pour le mobilier, les objets religieux ou les arts décoratifs. Sous l'impulsion des professeurs français et des artistes vietnamiens, elle devient progressivement un support pictural à part entière.
Tran Phuc Duyen maîtrise parfaitement cette technique complexe reposant sur la superposition de couches successives de résine naturelle, de pigments, de feuilles métalliques, parfois enrichies de nacre ou de coquille d'œuf.
Les couches sont ensuite poncées puis polies afin de révéler progressivement les différentes profondeurs de matière.
Dans Dans la rizière, cette technique permet d'obtenir des effets de lumière particulièrement subtils. Les tonalités mordorées, les reflets de l'eau et les variations atmosphériques témoignent d'une virtuosité technique exceptionnelle.
La période vietnamienne : le sommet de sa production

Les collectionneurs distinguent aujourd'hui clairement les œuvres réalisées avant 1954 de celles produites après son installation en Europe.
La période vietnamienne correspond à un moment où l'artiste puise directement son inspiration dans les paysages, les villages et la vie quotidienne de son pays natal.
Les rizières, les temples, les villages lacustres et les scènes rurales deviennent les principaux sujets de son œuvre.
C'est précisément à cette période que se rattache Dans la rizière, aujourd'hui particulièrement recherchée sur le marché international.
Une cote en pleine progression
Longtemps éclipsé par des artistes tels que Le Pho, Mai Trung Thu ou Vu Cao Dam, Tran Phuc Duyen connaît depuis plusieurs années une réévaluation spectaculaire.
Cette progression repose sur plusieurs facteurs : la rareté des œuvres importantes, l'intérêt croissant pour l'École des Beaux-Arts de l'Indochine et la redécouverte du rôle fondamental joué par la laque vietnamienne dans l'histoire de l'art asiatique moderne.
Les résultats de ventes publiques illustrent parfaitement cette évolution.

Table basse en laque à décor de poissons rouges
Adjugée 22 000 €
Cette élégante création décorative démontre que le marché s'intéresse également aux réalisations de mobilier de l'artiste.

Vue du temple Ngoc Son sur le lac Hoan Kiem, 1951
Adjugée 77 000 €
Cette remarquable vue de l'un des monuments les plus célèbres de Hanoï illustre la fascination de Tran Phuc Duyen pour les paysages historiques du Vietnam.

La Pagode Thay
Adjugée 80 000 €
Ce paysage architectural exécuté sur fond d'or représente l'un des sanctuaires bouddhiques les plus emblématiques du nord du Vietnam.

Rives du fleuve, 1950
Adjugé 290 000 €
Ce spectaculaire paravent à huit panneaux constitue aujourd'hui l'une des références majeures de la cote de l'artiste. Réalisé en laque polychrome enrichie d'or, de nacre et d'incrustations de coquille d'œuf, il représente un vaste paysage tropical vietnamien d'une qualité exceptionnelle.
Pourquoi les œuvres de Tran Phuc Duyen sont-elles recherchées ?
Plusieurs éléments expliquent l'engouement actuel des collectionneurs.
D'abord, la qualité exceptionnelle de sa formation à l'École des Beaux-Arts de l'Indochine. Ensuite, la rareté des œuvres importantes conservées dans des collections privées. Enfin, la singularité de son langage artistique, capable d'associer modernité occidentale et traditions vietnamiennes.
Ses paysages possèdent également une dimension historique. Ils témoignent d'un Vietnam aujourd'hui largement disparu, préservé à travers une vision idéalisée mais profondément sincère.
Quelle valeur pour une œuvre de Tran Phuc Duyen ?
Les adjudications observées permettent aujourd'hui d'établir les fourchettes suivantes :
Mobilier et objets décoratifs : 10 000 à 30 000 €
Petits panneaux figuratifs : 20 000 à 60 000 €
Paysages et scènes rurales de qualité : 50 000 à 120 000 €
Grandes compositions décoratives : 100 000 à 250 000 €
Paravents monumentaux et œuvres majeures : 250 000 à plus d' 1 000 000 €
Les œuvres de la période vietnamienne demeurent les plus recherchées, particulièrement lorsqu'elles représentent des paysages ruraux, des scènes de rizières, des villages traditionnels ou des monuments emblématiques de Hanoï.
Expertise et estimation de Tran Phuc Duyen

L'identification précise des signatures, cachets, techniques de fabrication et provenances est aujourd'hui essentielle pour déterminer la valeur d'une œuvre de Tran Phuc Duyen.
Spécialiste de l'art vietnamien moderne et de l'École des Beaux-Arts de l'Indochine, Gauchet Art Asiatique accompagne collectionneurs, héritiers, institutions et maisons de ventes dans l'expertise, l'authentification et l'estimation des œuvres de Tran Phuc Duyen ainsi que des grands maîtres vietnamiens du XXe siècle.
Nos recherches s'appuient sur l'étude des signatures, des cachets, des techniques de laque, des archives, des provenances et des résultats de marché internationaux les plus récents.
Pour une expertise ou une estimation confidentielle d'une œuvre de Tran Phuc Duyen, Nguyen Gia Tri, Le Quoc Loc, Pham Hau, Nguyen Khang, Le Pho, Mai Trung Thu ou Vu Cao Dam, contactez directement Gauchet Art Asiatique.
Gauchet Art Asiatique est aujourd'hui l'un des cabinets français spécialisés dans l'expertise de l'art vietnamien moderne, de la laque vietnamienne et des artistes issus de l'École des Beaux-Arts de l'Indochine.



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