Guide des netsuke pour les néophytes et collectionneurs débutants
- Anna Kerviel
- 13 janv.
- 3 min de lecture
Ou comment éviter les faux, les pièges et les illusions de valeur Le monde des netsuke est fascinant, mais aussi semé d’embûches. Pour chaque pièce véritablement artistique, il existe des centaines d’imitations médiocres, de souvenirs industriels et de faux délibérés. Beaucoup de collectionneurs non-avertis pensent posséder un objet rare ou ancien, alors qu’il s’agit le plus souvent d’une production récente sans réelle valeur artistique, artistique ou marchande.
Si vous vous demandez si votre netsuke a une valeur, certains indices peuvent déjà vous orienter. Aucun critère n’est absolu, mais leur combinaison permet souvent d’éviter des erreurs d’appréciation.
1. L’immense majorité des netsuke érotiques sont des faux
C’est probablement l’un des pièges les plus courants.
Il a bien existé, au Japon avant l’ère Meiji, quelques figurines érotiques, mais elles étaient rares et le sens grivois est souvent caché ou métaphorique.
Les netsuke érotiques en ivoire très explicites, abondants sur le marché, sont en réalité des productions modernes, principalement issues de Hong Kong, où elles furent fabriquées en masse pour les touristes japonais et occidentaux jusqu’aux années 1970.


2. Le matériau ne garantit jamais la valeur
Beaucoup de collectionneurs débutants pensent qu’une pièce en ivoire a nécessairement de la valeur. C’est faux. Il existe une immense quantité de netsuke en ivoire authentique, mais mal sculptés, sans valeur artistique ou pécuniaire réelle.
Un indice simple: les pièces anciennes et japonaises dans ce matériau sont très rarement polychromique, c'est-à- dire qu’elles ont rarement une pigmentation différente de celle du matériau sculpté, autre que celle donnée par la patine.
3. Attention aux moulages en résine
De nombreux musées vendent des copies en résine de netsuke célèbres. Afin de distinguer les deux matériaux, vous trouverez des lignes de moulages tout du long sur la tranche d'un netsuke en résine, dû à sa fabrication. Sur une pièce en ivoire vous pourrez voir les lignes de Schreger, c’est à dire un réseaux de lignes qui se coupent régulièrement et qui est dû à la pousse de la défense.

4. Examinez le visage, les mains et les pieds
De manière générale, si les mains et les pieds de la figurine ne sont que peu détaillés, vous n’êtes pas face à l’œuvre d’un sculpteur accompli.
Sur de bons netsuke, même minuscules, on peut voir des ongles suggérés, des articulations crédibles; en bref des volumes et des membres vivants.


5. Les himotoshi, la carte d’identité des netsuke
Les perforations visibles sur un netsuke (ou himotoshi) témoignent de la vie antérieure de l’objet, et si il a déjà rempli sa fonction première d’être suspendu par un cordon. Sur les netsuke modernes, les trous seront parfois trop petits pour faire passer un cordon; ou très réguliers et mal détourés.Sur les pièces plus anciennes, les himotoshi seront larges et le passage de la cordelette dans ces trous aura créé une patine et des irrégularités.

7. Ne vous fiez pas aux signatures
C’est un paradoxe : les netsuke anciens sont souvent non signés, tandis que les faux le sont presque toujours.
Les artisans japonais traditionnels préféraient être reconnus par leur style, non par leur nom. Les faussaires, eux, pensent qu’une signature ajoute de l’authenticité.
Apprendre à reconnaître un bon netsuke demande du temps et de l’observation. Il n’existe pas de test miracle, mais une accumulation de signes et d’indices. Plus que l’âge, le matériau ou la signature, c’est la qualité de la sculpture, la cohérence de la forme et l’intelligence du travail qui comptent. Enfin, au moindre doute sur votre pièce et pour toute estimation gracieuse, confidentielle et indépendante, le cabinet gauchet Art Asiatique se fera un plaisir de vous renseigner sur la valeur de votre netsuke.



Commentaires